La pratique de l’anglais est-elle nécessaire pour progresser en gestion (ou “management”) de projet ?

Le PMI Alsace profite de la venue en France de Frank Saladis, “personnage” de la communauté de gestion de projet en général, et de la communauté PMI en particulier (“PMI Person of the Year for 2006”). Sa conférence se tient en anglais, on peut se poser la question si, pour notre communauté francophone, bien que frontalière, ce “détail” est un obstacle à la transmission de connaissances et de bonnes pratiques qui nous aident à progresser dans notre profession de chef/manager de projets?

 

 

On peut se poser la question aujourd’hui également alors que se répandent les MOOCs (Massive Open Online Courses), cours accessibles gratuitement en ligne, dont certains se positionnent sur le sujet de la gestion de projet. On peut ici noter que ce fut le sujet d’un des premiers MOOCs français, donné par l’Ecole Centrale de Lille, dont la 3e édition commencera en mars 2014 (renseignements ici: http://gestiondeprojet.pm/mooc-gestion-de-projet/).

 

Mais plus nombreux sont ceux qui sont donnés en anglais. En voici quelques exemples:

 

* MOOCs from ‘3FOLD Education Center’: http://www.3foldeducate.com/

3FOLD Education Centre is an executive education center located in Dubai, UAE.

  • Scheduling and Cost Control: started January 9th, 2014 for 4 weeks

  • RMP® Exam Review - April 10, 2014 for 4 weeks

  • PMP ® Exam Review - July 10, 2014 for 4 weeks

 

* MOOC “Principles of Project Management”, 13/01/2014 - 11/02/2014

https://www.open2study.com/courses/principles-of-project-management

Open2Study is backed by Open Universities Australia (OUA), an Australian leader in accredited online education.

 

* MOOC “Project Management for Business Professionals”, ran from Oct 21, 2013 to Dec 16, 2013 but is still available until Feb 28, 2014

https://learn.canvas.net/courses/125

It is provided by Shaping Tomorrow, UK, “a one-stop, global research shop helping busy people and organizations mitigate risk and uncertainty and to exploit opportunities for future growth and profits more effectively than rivals.”

 

Ces quelques exemples montrent l’intérêt qu’il y a de pratiquer un minimum l’anglais afin d’accéder à une plus grande source d’information, de connaissances et d’expertises pour progresser dans notre profession. Du côté du PMI®, en dehors du PMBoK®, les standards ne sont pas systématiquement traduits en français.

 

Devons-nous inciter à des efforts dans notre communauté pour pratiquer l’anglais et profiter des ressources dans cette langue?

Devons-nous au contraire, ou en complément, contribuer à l’expansion des ressources en français afin de dépasser cet “obstacle”?

 

Nous avons demandé l'avis de nos membres:

 

Pour Michaël Rosfelder:

Je n'aborderai pas le sujet sous l'angle du management projet dans un environnement international tant il me semble évident qu'aujourd'hui un PM doit maîtriser l'anglais pour communiquer. La question est donc bien: peut-on se passer de l'anglais pour affiner, améliorer son niveau de management projet?

Si on considère le management comme une pure science, la réponse est oui. Comme dans de nombreux domaines scientifiques, l'actualité est en langue anglaise: que ce soit les articles des revues de renommée internationale, les conférences, les cours. Puisque l'anglais est devenu la langue de la mondialisation, ne pas la maitriser c'est se couper de toutes les nouveautés, tendances, innovations.

Cependant, le management de projet n'est pas une science dure. C'est une science humaine avant tout, un métier de communication. La rapidité d'accès à l'information internationale n'est donc peut-être pas essentielle. C'est peut-être même dans le temps de latence que peut engendrer la traduction anglais -> français que l'on tire le meilleur des évolutions du métier: on ne reste plus sur les tendances, mais on aborde les tendances de fond, celles qui restent. Donc, non, pour progresser en management de projet, l'anglais n'est pas indispensable. Des experts doivent diffuser à la communauté des traductions éclairées et éclairantes qui protègent des effets de mode.

 

Pour Benoit Copin:

En ce qui concerne l'anglais un de mes professseurs de faculté en Pharmacie nous disait souvent "vous devez parler une autre langue si vous voulez travailler dans l'industrie, et je ne parle pas de l'anglais". Pour lui l'anglais était un acquis de base et non un atout supplémentaire. Il est clair que les projets de recherche sont tous aujourd'hui internationaux et les interlocuteurs  (promoteurs, équipes, autres "stakeholders" ) de langues et cultures différentes. Les standards sont souvent américains et pas nécessairement traduits. Les congrès et autres forums de partage des connaissances sont également en anglais.

Je pensais il y a quelques années que ne pas être de langue anglaise me fermerait des portes et il s'avère finalement que c'est un peu l'inverse car les anglophone de naissance n'ont souvent pas eu besoin de faire l'effort d'apprendre une autre langue et sont au bout du compte désavantagés pour bien comprendre la législation ou les besoins locaux. Il y a peu d'américains ou d'anglais parlant une seconde langue.

 

Pour Maria Manuela Nogueira:

Oui, il est indispensable de bien maîtriser l’anglais (qu’on se pose la question m’étonne, même) pour profiter de livres, ressources en ligne, DVDs et autre matériel de formation continue. Ceci s’applique à bien d’autres domaines que la gestion de projet, d’ailleurs. Pour le personnel ne maîtrisant pas l’anglais (car cela prend des années avant d’atteindre un niveau « acceptable » de langue), traduire du matériel de qualité déjà existant en français me paraît être la meilleure des solutions. Inutile de réinventer la poudre à canon et d’investir trop de temps/d’argent à recréer de nouveaux supports de formation.

 

Pour Jocelyne Litzler:

Je pense qu’il y a un réel  intérêt et besoin de  maîtriser  l’anglais dans le cadre de la gestion de projet mais qu’il reste de la place quand même pour le développement et l’utilisation de ressources en français.

A l’heure de la mondialisation, où de plus en plus de projets sont globaux ou des portions du travail sont réalisées à l’étranger (« offshore ») ,  avec des équipes multinationales,  il est de plus en plus nécessaire de savoir communiquer en anglais. Par ailleurs une grande partie des ressources et documents de fond sur la gestion de projet sont rédigés en anglais. En tant que gestionnaire de projet, afin d’avoir accès à toutes les ressources et connaissances dans le domaine, afin également de pouvoir postuler à l’ensemble des postes, il me semble essentiel  d’avoir une maîtrise de la langue anglaise.

Dans mon cas, par exemple, je n’aurai pas eu mon poste de gestion de projet, basé en Alsace, si je n’avais pas maîtrisé l’anglais. Une grande partie de la communication et gestion du projet se fait en anglais.

Par contre, dans une petite structure, on doit pouvoir gérer un projet en français. Je pense qu’il est pertinent de traduire, écrire et se référer à certains matériels de gestion de projet en français, afin que ces connaissances puissent être partagées par le plus grand nombre.

 

Pour Lassana Doumbia:

Je dirais que oui, dans un monde où la pratique de l'anglais devient de plus en plus incontournable, il est nécessaire pour le chef de projet de parler couramment l'anglais.

De plus, l'une des qualités d'un chef de projet est d'avoir la capacité de s'adapter au changement, dans un monde où les projets sont de plus en plus tournés vers l'international.

L'anglais a aussi un avantage qui est la possibilité pour un chef de projet d'accéder à plus de contenus, plus d'informations, plus de données, mais aussi de pouvoir partager des expériences, des cultures de management de projet, à travers les réseaux sociaux, etc.

Bien que je ne parle pas un anglais sans faute, je m'efforce de m'améliorer au quotidien, car la pratique de l'anglais à mon sens est indispensable dans cette profession et ceci pour les raisons évoquées plus haut.

 

Pour Mohamed Laraichi:

Je trouve que c’est nécessaire pour  un chef de projet orienté export de maitriser l’anglais. Et dans tout les cas je trouve qu’il faut aujourd’hui savoir communiquer en Anglais tout en contribuant à l’expansion des ressources en Français. Je résumerai donc en vous disant que je suis convaincu que nous devons inciter notre communauté à pratiquer l’anglais tout en contribuant à la mise à disposition du savoir dans notre langue maternelle.

 

Enfin, le sujet a longuement inspiré Laurent Titzl qui liste méthodiquement des arguments “pour” et “contre” la nécessité de l’anglais pour progresser en gestion de projet dans cet article .

 

Merci à nos membres pour ces intéressantes contributions à un sujet que l’on pourra de nouveau aborder de vive voix lors de nos rencontres!

 

 

 

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