Gestion du changement et projet informatique - Yves Cavarec

changement et projet informatiqueUn jour, le Business dit à l’Informatique :  « J’ai un tas de problèmes ».  « Quel genre de problèmes ? » s’enquiert l’Informatique, compatissante.  « De tous genres, répond le Business.  Il me faut payer les fournisseurs, fidéliser les clients, réduire les stocks, optimiser les ressources ou encore augmenter la valeur pour l’actionnaire et j’en passe.  Et je ne sais pas à qui confier tous ces changements ».  « Sais-tu, Business, que pour chacun de tes problèmes, il y a des solutions informatiques ?  Veux-tu que je te présente mes fournisseurs ?  »

L’informatique convoque ses meilleurs fournisseurs.  Le Business met son bel habit pour les recevoir.  « Que ces solutions sont belles, se dit le business !  Elles répondent même à des questions que je ne me suis pas posées.  Ces fournisseurs ont l’air de drôlement s’y connaître.  J’espère que ça ne coûtera pas trop cher et que ça ne prendra pas trop longtemps !  » « Ne t’inquiète pas, rassure l’Informatique, je m’occupe de ça aussi.  Nous allons gérer le projet de A à Z.  Nous l’appellerons Projet Informatique.  C’est un beau nom, ne trouve-tu pas ?  ».  «   C’est formidable, se dit le Business, l’Informatique va résoudre tous mes problèmes !  »

C’est ainsi que le problème business devient un projet informatique.  Comme il ne faut pas dépenser trop, on demande au fournisseur retenu de s’engager sur un contenu, un prix et un délai dans un contrat au forfait.  « Attention a prévenu l’Informatique, il faudra se tenir au plan et valider chaque document intermédiaire dans les délais !  « D’accord, d’accord » répond le Business sans trop savoir à quels documents l’Informatique fait allusion.

Un matin, le Business retrouve sur son bureau un document portant le titre « Projet Informatique :  gestion du changement » et la mention « à valider sous quinzaine ».  Le document est à la fois un peu abstrait, très détaillé et bien épais.  Le Business se dit qu’il verra cela plus tard, que si c’est important, l’Informatique le relancera sur ce sujet.  Quinze jours passent.  Et comme il est fort occupé, le Business en oublie le document.

Un peu plus tard, l’Informatique frappe à la porte du Business.  « Il est temps de tester la solution informatique et de gérer le changement comme convenu ».  « Ah, oui la formation des utilisateurs,  croit se souvenir le Business ! »  « Oui, enfin, c’est un peu plus compliqué que cela, réplique l’Informatique, avant de poursuivre, prudente.  Certaines tâches de saisie ont été automatisées et tu auras besoin moins de personnels.  D’autres, au contraire, sont nouvelles et il faut identifier et former ceux qui s’en occuperont.  Les autres tâches ont été totalement revues ce qui change le niveau des responsabilités de nombreuses équipes.  Et justement, j’attends que tu me communiques ta nouvelle organisation.  » « Quelle nouvelle organisation, demande le Business ?  » « Souviens-toi le document que tu as validé » « Mais je n’ai validé aucun document, s’insurge le Business  »  « Tu devais me faire tes remarques sous quinzaine et comme je n’ai pas eu de remarque, j’ai cru que…  » « Mais enfin, s’indigne le Business, on ne change pas une organisation comme cela !  Il faudrait voir avec les intéressés et leurs responsables !  J’ai donné de l’autonomie aux équipes, je ne vais pas leur imposer des changements :  ce serait incohérent.  Si je le faisais, je perdrais aussitôt la confiance de l’entreprise.  Et puis, il faut présenter ces changements au Comité d’Entreprise avant d’annoncer quoi que ce soit !  Dis-donc, Informatique, on parle d’un projet business, là.  Sors de ce bureau !  » « Une dernière chose, se risque l’Informatique, il faut payer notre fournisseur :  son travail est terminé et conforme au contrat et il a respecté les délais.  »

La morale en trois points

  1. Les projets informatiques apportent des réponses informatiques, pas des réponses au business.  Mieux vaut un projet business à composante informatique.
  2. Le client découvre la problématique au fil du projet.  Il faut qu’il se garde la possibilité d’apporter des changements dans le contrat avec son fournisseur.
  3. Le fournisseur mesure sont projet par un compte d’exploitation :  son objectif est de gagner de l’argent.  Le client doit intégrer cet enjeu et accepter que l’objectif du fournisseur soit différent du sien.  Le fournisseur doit lui aussi ouvrir une possibilité de succès à son client.

Yves Cavarec est impliqué avec le PMI depuis 2004.  Il travaille actuellement à la fusion des chapitres PMI en France.  Yves est aussi consultant sur des projets d’entreprise à composante informatique et auteur du livre « Cherry-picking 1.0.  L’informatique :  opportunités et menaces pour l’entreprise ».

 

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