Dans un monde en pleine mutation, la gestion de projet ne peut plus se limiter au triptyque périmètre-coût-délai. Alors que l'économie s'oriente vers la décarbonation, les chefs de projet doivent désormais intégrer les impacts environnementaux et sociaux au cœur de leurs pratiques.
Cet article s'appuie sur le témoignage croisé de deux professionnels aux parcours distincts : Laurent, ingénieur expérimenté ayant évolué pendant 30 ans dans l'IT avant de rejoindre la RSE, et Laureli, consultante internationale de 10 ans spécialisée en sciences de l'environnement. Ensemble, ils partagent leur expérience de la certification PMI-GPM-b, un levier pour concilier management traditionnel et développement durable.
Pourquoi la durabilité ? Une vision systémique
La motivation pour obtenir le GPM-b naît souvent d'un constat : les méthodes classiques, bien que robustes comme le PMP, manquent parfois d'outils pour une "pensée systémique" (system thinking). Pour Laurent, ce virage vers la RSE et le "Green IT" a été impulsé par une prise de conscience des limites de l'approche traditionnelle. Laureli souligne également que l'objectif est de passer d'une vision centrée sur le profit immédiat à une analyse du cycle de vie complet du produit.
La préparation : Apprivoiser de nouveaux standards
Contrairement au PMP qui bénéficie d'une multitude de ressources externes, le GPM-b repose sur un écosystème plus spécifique:
- Le Standard P5 : Une méthode pour intégrer les Personnes, la Planète et la Prospérité dans les processus projets.
- La Méthodologie PRiSM : Un cadre opérationnel agissant comme un pont pour intégrer les méthodes durables du GPM au sein des structures de gestion de projet traditionnelles.
- Le mode E-learning : Le mode E-learning : Un cours obligatoire de 12 heures qui demande une discipline personnelle, complété par des lectures approfondies et une étude rigoureuse des standards pour bien en maîtriser les nuances. Le temps reste le principal défi pour les professionnels en activité.
Le jour J : Entre technique et état d'esprit
Le passage de l'examen réserve parfois des surprises. Laurent raconte avec humour avoir cru à une panne de caméra le jour de l'examen, pour finalement découvir qu'il s'agissait simplement du cache de protection physique.
- Conseil pratique : Testez votre matériel et le logiciel d'examen plusieurs jours à l'avance. L'installation du logiciel peut être bloquée sur le PC pro.
- L'approche : La réussite repose moins sur le par cœur que sur l'adoption d'un véritable "mindset" durable pour répondre aux QCM.
Impact professionnel : Une nouvelle corde à son arc
La certification offre une véritable « prise de hauteur » qui s'adapte aux spécificités de chaque métier :
- Pour Laurent : Elle pousse à repartir du besoin utilisateur réel plutôt que de la solution technique, rejoignant les principes de l'éco-conception des services numérique (ISO 20125) et du cycle de vie du produit.
- Pour Laureli : Elle fournit les outils nécessaires pour effectuer la transition avec le management traditionnel grâce au system thinking. Elle permet une vision globale indispensable pour intégrer les évaluations environnementales (eau, sols, air) et l'analyse des pollutions au cœur des projets d'ingénierie.
Au-delà des compétences techniques, le GPM-b apporte :
- Une vision stratégique : Idéale pour les profils en Maîtrise d’Ouvrage (MOA) qui interviennent dès la genèse des projets.
- Une efficience accrue : La durabilité n'est pas une contrainte, mais un gain à long terme qui réduit la consommation de ressources et les coûts à l'usage, tout en favorisant l'épanouissement des employés.
Conclusion : Un impératif pour demain
La durabilité ne doit plus être un sujet de niche, mais une compétence universelle. Pour ceux qui hésitent encore, le message est clair : à long terme, tout le monde y gagne. Laureli insiste : "nous devrions tous être GPM ! C’est une ouverture d’esprit indispensable pour intégrer l’humain, l’environnement et les nouveaux modèles d’affaires."
Si vous avez des questions, envoyez un message à : gpm-contact@pmi-france.org
Auteurs : Laureli Wagner, Laurent David