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Deux regards, une même conquête : le PgMP !

  • 31 août 2026
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Deux regards, une même conquête : le PgMP !

Ils ne se connaissaient pas, mais ils se sont retrouvés au même moment sur la liste, très courte en France, des nouveaux certifiés PgMP : Alina, responsable de programme dans le secteur de l'énergie (exploitation de parcs de production des énergies renouvelables), et Aurélien, chargé de programme dans l'industrie pharmaceutique (approvisionnement en substances actives), ont accepté de se prêter au jeu d'un entretien croisé pour la communauté PMI-France. Un échange sincère sur deux parcours différents mais animés par la même exigence.

Qui sont-ils ?

Alina, après un passé en pilotage de projets et de programmes, a rejoint son entreprise, un acteur du secteur de l'énergie, il y a trois ans et demi comme cheffe de projet, en charge de l’IT et de données de parcs éoliens en mer. Depuis un an et demi, elle pilote un programme de transformation en informatique industrielle sur des parcs de production d’énergie renouvelable terrestres en exploitation, en lien avec la résorption de la dette technique. Certifiée PMP depuis 2024, elle a obtenu son PgMP le 21 juillet dernier.

Aurélien évolue dans l'industrie pharmaceutique, où il est chargé de programme sur l'approvisionnement en substances pharmaceutiques actives. Son objectif, à horizon 2029 : sécuriser un double sourcing sur les produits les plus stratégiques du portefeuille de son entreprise, dans un contexte industriel qui a récemment connu un changement d'actionnariat et une vigilance accrue sur la souveraineté industrielle. Son parcours de certification est particulièrement structuré : CAPM en 2018, puis PMI-RMP en 2022, le PMP en 2023, PMO-CP en 2025... et désormais PgMP, obtenu le 7 août dernier au troisième passage. La suite est déjà tracée, avec la CPMAI visée l'an prochain, puis le PfMP.

Les deux se sont d'ailleurs rencontrés grâce au réseau PMI-France : Alina a bénéficié des conseils d'un adhérent déjà certifié, mis en relation par Hervé Colas, avant de découvrir qu'Aurélien avait obtenu sa certification presque au même moment qu'elle, à quelques semaines d'écart.

Une motivation, deux chemins

Pour Aurélien, le PgMP s'inscrit dans une trajectoire cohérente entamée dès ses débuts professionnels : « J'ai trouvé dans le PMI une structure qui permet de bien approcher les choses, de bien les comprendre. Et ça matchait avec ce que je rencontrais en entreprise dès mes premières missions. » Chaque nouvelle certification lui permet, dit-il, de « classifier » ce qu'il fait au quotidien, de comprendre pourquoi on le lui demande, et parfois même d'anticiper.

Pour Alina, la démarche est née d'un changement de secteur d'activité et du besoin de structurer et de valider ses connaissances, avant de gagner en légitimité. Une fois certifiée PMP, on lui a confié le pilotage d'un programme : « Je me suis dit que je n'allais pas réinventer la roue, puisque le PMI® avait déjà un standard de management de programme. » La seule lecture du référentiel ne lui a toutefois pas suffi : comme pour le PMP, c'est la formation qui lui a apporté l'essentiel de la compréhension, complétée par une application immédiate et concrète des concepts dans son programme.

« Tu n’es plus dans l'exécution, tu es dans la vision au-delà des livrables : on monte d'un cran au niveau de la vision stratégique. Garantir la bonne exécution de projets relève de chefs de projet. Le responsable de programme doit garantir l’alignement du programme avec la stratégie d’entreprise et la réalisation de bénéfices. » — Alina

Une préparation exigeante, un changement de mindset

Les deux témoignages convergent sur un point : le PgMP paraît, à la lecture, plus simple qu'il ne l'est réellement. « En lisant le manuel ou l'Exam Content Outline, ça semble tellement fluide qu'on se dit que ça va passer facilement. C'est trompeur », prévient Aurélien, qui a échoué avant de réussir en août 2026. Son enseignement principal : le domaine Program Life Cycle pèse à lui seul 44 % du score. « Si on est à la hauteur sur le life cycle, on sécurise déjà 44 % du score. En dessous, c'est très dur de rattraper sur le reste. »

Alina a, elle, exploré plusieurs pistes avant de trouver la formule qui lui convenait : une formation en présentiel à Paris, puis un cours « Program Management » sur Coursera, et enfin plusieurs formations sur Udemy. « L'avantage d'avoir vu quatre ou cinq formateurs différents, c'est que chacun vient avec sa propre vision du standard. Changer d'angle à chaque fois m'a beaucoup aidée. » Elle a complété cette préparation par un usage intensif d'une banque de questions présentes dans les formations Udemy (environ 700 questions, un rythme d'une dizaine par jour), en plus de l'application directe des concepts à son programme.

Les deux insistent : il ne s'agit pas seulement d'un changement de référentiel, mais d'un changement de mindset. Aurélien parle d'un besoin de « réadapter le savoir construit sur le PMP » pour raisonner davantage en termes de gouvernance et de temps long, plutôt qu'en actions court terme.

Le jour J : un marathon de 4 heures sans pause

Sur ce point, la surprise est unanime : contrairement au PMP, l'examen PgMP se déroule en un seul bloc de 4 heures, sans pause. « On m'a dit 4 h sans pause, je me suis dit que je n'allais pas m'en sortir », se souvient Alina. « On peut sortir de la salle si on veut, mais le temps continue de tourner. » Gérer son énergie devient alors un enjeu à part entière, pour tenir la concentration sur 170 questions.

Les deux ont adopté des stratégies de gestion du temps différentes, toutes deux payantes. Alina s'est fixé un rythme d'une minute par question, en marquant les questions difficiles pour y revenir ensuite : elle a terminé avec 45 minutes d'avance, ce qui lui a permis de revoir sereinement une trentaine de questions marquées — pour constater que beaucoup avaient en réalité une réponse évidente, brouillée sur le moment par le stress ou la fatigue.

Aurélien, de son côté, a choisi de ralentir : « Le but, c'était de laisser le cerveau s'imprégner de la question. Souvent, la première réponse qui vient n'est pas la bonne ; en relisant et en laissant passer 30 secondes de plus, une autre réponse émerge, et c'est souvent la bonne. » Une stratégie plus lente (environ 1 min 45 par question), qui lui a tout de même laissé 10 à 12 minutes en fin d'épreuve.

« Il faut construire un petit schéma mental : on ne demande pas d'agir tout de suite, mais d'abord d'analyser la situation avec un outil ou une technique. Ce pattern revient souvent, et assez vite on peut l'anticiper. » — Aurélien

Le dossier d'éligibilité : une étape à ne pas sous-estimer

Contrairement au PMP, l'accès à l'examen PgMP passe par un panel review du dossier d'expériences, qui peut déboucher sur un audit. Les deux candidats ont connu un premier refus. « La première fois, je l'ai pris à la légère, j'ai juste rédigé rapidement : ça n'a pas fonctionné », reconnaît Alina, dont le dossier a été rejeté au panel review. Elle a soumis une deuxième candidature en janvier, bien plus travaillée, structurée et précise dans le choix des mots — validée cette fois, pour un examen passé sept mois plus tard, en juillet. Le panel review comportait trois questions réparties sur des domaines comme la gouvernance, le leadership et la stratégie, avec une des deux mises en situation à documenter à partir de ses expériences.

Le parcours d'Aurélien a été plus long : sa première candidature, soumise début 2023 peu après son PMP, a été rejetée — il l'avait rédigée trop vite, en reprenant des formulations proches de son CV. « Ce qui est bien, c'est que la réponse de refus donne des recommandations, qui permettent de restructurer complètement la façon dont on pense son propre travail. » Il a dû ensuite patienter environ deux ans, le temps de cumuler l'expérience requise en management de programme, avant de resoumettre son dossier — qui est passé directement en audit. Trois références (son manager actuel, un ancien manager, et un ancien collègue) ont dû attester de la réalité de ses expériences passées pour valider son éligibilité.

Quels bénéfices, une fois la certification en poche ?

Les deux s'accordent sur un constat : le PgMP reste une certification peu connue, bien moins reconnue que le PMP en entreprise comme à l'extérieur. « Je n'ai pas beaucoup d'attentes de la certification en elle-même, parce qu'elle n'est pas très connue », observe Alina. « En revanche, tout ce que j'ai appris, je l'applique dans mon travail, et ça se voit et ça rassure. »

Aurélien partage cette analyse, avec une note d'optimisme sur le long terme : « Les employeurs ne connaissent pas toujours le PgMP, on n'est qu'une cinquantaine en France. Mais petit à petit, ça va devenir comme le PMP il y a vingt-cinq ans : un standard, parce qu'on voit que les personnes qui l'ont agissent différemment. » Il y voit une responsabilité collective pour les quelques dizaines de titulaires actuels : construire, par leurs pratiques, la reconnaissance future de la certification.

Leurs conseils pour se lancer

Alina : « Il ne faut pas hésiter, il faut se lancer. Même en étant déjà certifié PMP, ce n'est pas une route facile — c'est encore un autre niveau. Mais tout le parcours est précieux. Il faut mettre en application les concepts au fur et à mesure de la préparation, prendre le temps qu'il faut, et se fixer une date d'examen quelques mois à l'avance pour se donner un cap. »

Aurélien : « Se fixer une échéance à 3-4 mois, c'est un peu comme signer un deal avec soi-même : on avance à un rythme régulier, chaque semaine, sans attendre d'avoir tout révisé pour se lancer — sinon on ne le fait jamais. » Sur la constitution du dossier d'éligibilité, il recommande de ne pas se sous-estimer : « On a souvent tendance, en France, à ne pas savoir dire ce qu'on fait. Mais en l'écrivant noir sur blanc, on réalise qu'on fait beaucoup de choses, et que ça compte. »

Côté ressources, les deux ont dû composer avec l'absence de simulateurs d'examen dédiés au PgMP, contrairement au PMP. Alina a construit sa préparation autour de plusieurs formations Udemy et d'une banque de questions, quand Aurélien a expérimenté une approche plus inattendue : générer, avec l'aide de l'intelligence artificielle, des questions et mises en situation sur mesure pour chacune des tâches de l'Exam Content Outline — une source d'entraînement illimitée, en complément des lectures de référence.

En résumé

  • Le PgMP exige un changement de posture, du pilotage opérationnel vers la vision stratégique, la gouvernance et le temps long.
  • Le dossier d'éligibilité (panel review, parfois suivi d'un audit) est une étape à part entière, à préparer avec autant de sérieux que l'examen lui-même.
  • L'examen se déroule en un bloc unique de 4 heures sans pause : la gestion de l'énergie et du rythme est aussi déterminante que la maîtrise du contenu.
  • Se fixer une échéance à 3-4 mois permet de maintenir un rythme de révision régulier et d'éviter que la préparation ne s'éternise.
  • Encore peu connue en France (une cinquantaine de titulaires), la certification se fait reconnaître avant tout par la pratique de ceux qui la détiennent.

 

Merci à Alina et Aurélien pour ce partage généreux et sans détour, et bravo à eux pour cette double réussite !

Rendez-vous sur le site du PMI pour plus d'informations sur la certification PgMP : https://www.pmi.org/certifications/program-management-pgmp

Vous pouvez interroger la base en ligne des personnes certifiés par type et par pays : https://www.pmi.org/certifications/certification-resources/registry

Rendez-vous sur notre site PMI France : https://pmi-france.org

Interview réalisé en août 2026

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